Handicap et sexualité

Dimanche 11 juin 2006 7 11 /06 /Juin /2006 16:44

Aides sexuelles et options pour les hommes atteints d'une lésion médullaire



Être atteint d'une lésion médullaire c'est être parfois confronté à des spécificités sexuelles.
Selon l'étendue et le niveau de la lésion, les fonctions sexuelles peuvent en être plus ou moins affectées.

Dans la vie d'un couple, il n'y a aucune raison d'aborder lucidement cette question ainsi que d'essayer de trouver les solutions les plus adéquates possibles.

C'est pourquoi il est utile de rappeller ici les différentes aides sexuelles et options disponibles pour les hommes atteints d'une lésion médullaire (LME)


LeViagra.

La découverte la plus récente dans le traitement du (DE) est l'utilisation du VIAGRA (sildenafil), une pilule prise par voie orale. La FDA a approuvé l'usage du Viagra en 1998 pour le traitement du dysfonctionnement érectile. Il a rapidement attiré l'intérêt des hommes car c'est une technique non invasive et qui peut être auto-administrée.

Les études de recherches montrent que le Viagra, pris comme il doit l'être (pas plus d'une fois par jour), améliore de manière significative la qualité des érections et la satisfaction sexuelle chez les hommes ayant une (DE) dûe à une lésion médullaire entre D6 et L5. Les hommes qui font de l'hypotension ou de l'hypertension ou qui sont sujets aux troubles vasculaires ne doivent pas prendre le Viagra, ainsi toutes médications devraient être passées en revue avec le médecin prescripteur.


La thérapie d'injection pénienne

Cette thérapie est une autre option de traitement. Elle implique d'injecter une drogue simple ou une combinaison de drogues dans un côté du pénis. Ceci produit une érection dure qui peut durer de une à deux heures. Ces drogues doivent être utilisées exactement comme prescrites par le médecin. Si elles ne sont pas utilisées correctement, le résultat peut être une érection prolongée, appelée priapisme.

Quand le priaprisme se produit, le sang n'irrigue pas le pénis. Ceci peut endommager le tissu pénien et être extrément douloureux. D'autres risques de l'injection sont les meurtrissures, les cicatrices ou l'infection du pénis. Cette méthode n'est pas recommandée plus d'une fois par semaine. Une injection pénienne est une option difficile pour un homme ayant une fonction manuelle limitée par la lésion médullaire. Par conséquent, il doit être assisté pour l'injection.


Le Système Urétral d'Erection Médicamentée (MUSE), ou thérapie transurétale


Il s'agit d'une option de traitement relativement nouvelle. Une granule médicamenteuse est placée dans l'urètre où elle est absorbée dans le tissu environnant. Ceci provoque la détente des vaisseaux sanguins et permet au sang de remplir le pénis. Le médicament , l'alprostadil, est identique à celui utilisé dans la thérapie d'injection pénienne. Les effets secondaires enregistrés incluent des risques d'infection, des sensations brûlantes, de baisse de la tension artérielle et d'évanouissement.


La pompe à vide


Il s'agit d'une option mécanique pour produire une érection qui, pour la plupart des hommes, est suffisante pour des rapports. Le pénis est placé dans un cylindre à vide et de l'air est pompé hors du cylindre provoquant un afflux de sang dans les tissus érectiles. L'érection est maintenue en plaçant un anneau de constriction autour de la base du pénis.

Cette boucle empêche également les fuites urinaires que quelques hommes expérimentent avec la LME. Il est important de retirer l'anneau après les rapports pour éviter de prolonger la pression et le risque de blessures. Il y a plusieurs modèles de pompes à vide disponibles.
Un modèle à piles est une option pour ceux qui ont une fonction limitée de la main. D'autres modèles exigent une bonne fonction de la main pour presser la pompe contre la peau afin de créer le vide nécessaire


L'implant chirurgical


Il s'agit  souvent de la dernière option de traitement pour le (DE) car il exige une prothèse pénienne permanente. La procédure chirurgicale comporte l'insertion d'un implant directement dans les tissus érectiles pour obtenir une érection. Trois types d'implants sont disponibles : les tiges semi-rigides ou malléables, les dispositifs entièrement gonflables, et les implants auto-posés.

Il y a des risques de panne mécanique et un danger que l'implant puisse sortir par la peau. Les hommes avec une LME n'ont pas, habituellement, de bonnes sensations dans la zone génitale, aussi il peut n'y avoir aucun signe de douleur pour indiquer que l'implant traverse la peau.
Tous les implants chirurgicaux présentent également un gros risque d'infection. Si une infection se développe, la prothèse doit être retirée. Les implants péniens sont l'option la plus chère et quelques plans d'assurance maladie ne couvrent pas les coûts.


Parler avec un médecin avant tout traitement.`


Les hommes avec une lésion médullaire qui éprouvent un (DE) devraient subir un examen physique complet par un urologue familiarisé avec la LME, avant d'utiliser tous médicaments ou dispositifs d'assistance. Le niveau de lésion, les effets secondaires possibles, et d'autres conditions médicales doivent être considérés quand on cherche quel est le traitement le meilleur. Avec tous les traitements, les hommes avec une LME doivent être attentifs aux signes de Dysreflexie Autonome (DA), un état présentant un danger pour la vie. Les signes de la (DA) incluent des rougeurs du visage, des maux de tête, une congestion nasale et/ou des troubles de la vision.


Par Philippe - Publié dans : Handicap et sexualité
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Samedi 10 juin 2006 6 10 /06 /Juin /2006 16:41

Handicap et sexualité : les aspects psychologiques


J'ai découvert, au cours de mes nombreuses heures passées sur internet, un superbe texte traitant de la psychologie liée à la sexualité de la personne handicapée .
Celui-ci est signé Christine Champonnois, psychologue, psychothérapeute au CAMSP d'Auxerre et au CMPP de Dijon. Ce texte étant très long, je vais vous faire découvrir ici les passages qui sont à mon sens les plus importants.

Je ne puis que vous inciter à lire ce texte dans son intégralité. Vous trouverez le lien en fin d'article


Ecoutez ici l'article sur la psychologie et la sexualité des personnes handicapées


" Ecrire ces deux mots côte à côte, handicap et sexualité, pourrait laisser croire qu'il y a une sexualité de la personne handicapée ou une sexualité handicapée. Il faut poser en préalable qu'il n'en est rien : tout être humain désire, éprouve du plaisir et aime, quels que soient son physique et ses déficiences. Il peut y avoir des difficultés dans la réalisation de l'acte sexuel en raison de problèmes moteurs (paralysie ou spasticité par exemple), mais la sexualité ne saurait se réduire à l'acte sexuel."...

L'enfant déficient

" Pour le bébé qui va connaître une naissance difficile et en garder des séquelles neurologiques définitives, responsables de son handicap ultérieur (IMC), qui va naître avec des malformations physiques (spina bifida, etc.) ou qui se découvre petit à petit porteur d'une maladie (myopathie, etc.), le développement de sa sexualité va être semblable à celui de tout autre bébé. Mais dans son vécu l'enfant handicapé va rencontrer deux épreuves particulières et il va s'aménager des défenses pour les traverser."...

La famille face au diagnostic

" Celui-ci, même s'il est posé et explicité avec respect et attention, va entraîner une douloureuse blessure chez les parents. Blessure narcissique terrible : on n'a pas été capable, etc. Alors, cet enfant " mal fait ", il faut le réparer inlassablement. Le risque est que cet enfant perde alors valeur humaine, ne devenant qu'un organe abîmé à réparer, oblitérant l'avenir ; le handicap peut devenir l'occasion pour la mère de satisfaire ce désir toujours latent de se garder l'enfant, d'être tout pour lui, autrement dit d'échapper à la loi symbolique selon laquelle mère et enfant ne peuvent s'appartenir. Le handicap participe alors d'une " psychotisation " de la relation adulte-enfant.

Le rôle du père – classiquement, il est celui qui fait coupure et aide à la séparation – est particulièrement difficile ici. Extrêmement blessé lui-même, il n'arrive pas à tenir cette place. Il ne peut aider l'enfant à " grandir ", à s'engager vers une vie autonome."...

" L'enfant rencontre également une autre épreuve, s'il est malade ou porteur de handicap, dans son vécu corporel. Si le corps occupe tout l'espace, il devient persécuteur, corps à détordre, à rééduquer, il n'appartient plus au principe de plaisir. La découverte du monde environnant est souvent source de frustration, si on n'aide pas l'enfant à utiliser d'autres modes d'action. Si l'on n'a pas d'expérience d'un plaisir corporel, comment sera-t-on sensible à celui de son partenaire dans la relation amoureuse ?"...
"
Les amoureux parlant de la première fois où ils se sont rencontrés décrivent bien cet aspect. La relation sexuelle va constituer une mise à l'épreuve"...

"Vivre en couple va aussi poser la question de la culture. Vivre avec un autre aimé, certes c'est aussi rencontrer la différence culturelle. En effet, chacun a des attaches familiales différentes qui ont structuré un lien culturel : Dans ma famille, on ne fait pas la cuisine comme cela, on n'a jamais permis ceci aux enfants, on ne fait jamais la grasse matinée. Les femmes ne font pas cela, etc. On voit à travers ces exemples combien ces modes culturels peuvent faire naître des conflits"...

"Ici prend place la question du quotidien. Faire la vaisselle ou les courses, cela ne va pas très bien avec la lune de miel ou un idéal d'amour et d'eau fraîche. La sexualité s'inscrit dans un contexte réel d'obligations qui pèsent. Mais c'est aussi le test d'un lien durable si l'on sait aménager ce quotidien. On peut lire dans ce registre tout ce qui est lié à la dépendance physique et matérielle (appareillage, fauteuils, aides diverses) rencontrée par les personnes handicapées.

Se pose ici, particulièrement, la question du choix d'un auxiliaire de vie pour la personne handicapée. En effet, peut-on être à la fois mari ou femme et tierce personne ? On peut sans doute transitoirement apporter une aide matérielle à un conjoint malade, mais organiser une vie entière de couple ainsi semble difficile. Le poids de la contrainte risque de peser très fort dans la relation, surtout si le conjoint doit assumer des soins corporels comme les toilettes, qui ne sont jamais partagés dans un couple, mais restent dans l'intimité de chacun.

Chaque couple devra réfléchir avant de prendre une décision. Il n'y a pas de solution toute faite. Aménagements matériels et aide ponctuelle d'un(e) auxiliaire de vie pourraient sans doute laisser un espace de liberté plus grand aux partenaires du couple afin qu'ils construisent ensemble une vie heureuse, ouverte sur le monde"...


Le handicap lié à la maladie ou l'accident
 

" Qu'en est-il de la sexualité pour la personne handicapée à la suite d'un accident ou d'une maladie, alors qu'elle était adolescente ou déjà adulte ? L'épreuve va être ici celle du traumatisme et du deuil. Deux éléments sont à prendre en compte :

– d'une part, les forces et les faiblesses de l'homme ou de la femme blessé ou malade, quand il ou elle doit se confronter à la réalité traumatique. Où en était la personne dans son projet de vie ? Comment vivait-elle ? Comment investissait-elle sa sexualité ? Peut-elle s'appuyer sur un partenaire ? On voit que chaque cas est différent et qu'il va falloir composer avec l'histoire individuelle de chacun ;

– d'autre part, face à ce qui lui arrive, la personne va, dans cette confrontation, traverser des phases, qui sont des défenses psychologiques .

Il y a eu perte physique, corporelle, mais le sujet reste entier dans ses capacités d'aimer, d'être en relation, d'éprouver et de donner du plaisir. Des réaménagements et des investissements nouveaux vont être alors possibles. Pour certains, il y aura des difficultés dans la réalisation de l'acte sexuel, mais le champ de l'érotisme est vaste et il n'y a pas de norme dans les gestes amoureux.

La sexualité est source de vie, tentative de reculer la mort, – mais elle peut être aussi voie sans issue, message sans destinataire, souffrances... Ici peut prendre place la demande d'aide psychologique. Les psychothérapies peuvent aider à revenir sur le passé trop présent et à faire émerger le sujet. Malgré tout, nous aimons ; la sexualité est ouverture sur la vie, même si le risque y est permanent – avec ou sans handicap"...




Vous pouvez retrouver l'intégralité de cet article sur :  http://www.med.univ-rennes1.fr/sisrai/art/handicap_et_sexualite,_aspects_psychologiques_p.74-80.html 
( Référence : Association des paralysés de France. Déficiences motrices et handicaps, Aspects sociaux, psychologiques, médicaux, techniques et législatifs, troubles associés. Paris : Association des paralysés de France, 1996, 505 p., p. 74-80)




Par Philippe - Publié dans : Handicap et sexualité
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